Magritte – Renoir

Magritte: Le suréalisme solaire

 J’inaugure cette rubrique avec une ballade picturale au gré d’une exposition qui m’a conduite le printemps dernier à l’Orangerie à Paris, intitulée : Magritte : le surréalisme en plein soleil.

Cette exposition a été l’occasion d’une seconde rencontre avec Magritte dont je ne n’arrivais pas à percer l’énigme. Si la carapace n’est pas entièrement cassée, il n’en reste pas moins que cette rétrospective m’a permis de redécouvrir ce peintre majeur du XXème siècle. Il est solaire, drôle voire hilarant. 

Je dois quand même vous avouer que ce qui m’a attiré en premier lieu, ce sont les liens étroits entretenus entre la peinture de Renoir et l’œuvre de Magritte. L’artiste a eu une « période Renoir » allant de 1943 à 1947 au cours de laquelle il a peint 70 tableaux à la façon du grand maître de l’impressionnisme. Renoir étant un de mes peintres préférés, il ne m’a pas fallu longtemps pour me décider à aller découvrir ce qui a pu rassembler les deux artistes.

Puis, je me suis prise au jeu de Magritte et chemin faisant j’ai découvert un univers fantasmagorique, rempli de couleurs. Chacun de ses tableaux contient une surprise que je vous laisse observer à votre tour…                                 

 

Pour Magritte, le réel est un jouet féérique

Le retour de la flamme - 1943
Image à la maison verte - 1944

Dans ces deux tableaux, notre perception est remise en question. Chaque fois que nous jetons un regard, le tableau change, le mystère renait. Magritte crée un choc visuel. Il appose dans le quotidien, quelque chose d’inhabituel. Cet objet, ce quelqu’un, est tellement bien intégré à la toile, que le spectateur ne se rend pas compte tout de suite de la supercherie. Pourtant, elle est bien là, sous forme de contrebasse, de petite danseuse, d’aigle ou encore de pipe. Cela peut être l’affaire de 10 secondes, de 50 secondes, d’une minute, de quelques minutes, des heures ou mêmes des jours après avoir bien observé le tableau pour que le mystère nous apparaisse, que l’extraordinaire nous affleure, que l’abracadabrant du surréalisme se produise.  Les couleurs utilisées par le peintre sont flamboyantes. Il les associe de façon inédite, ce qui aspire notre œil comme a pu l’envisager Renoir.

Magritte et Renoir: des prophètes de la couleur

Femme nue sur canapé - Renoir - 1915
L'univers interdit - Magritte - 1943

Après la mort de Renoir en 1919, les jeunes artistes modernes vont tous s’en inspirer pour en prendre un élément distinctif. Pour Magritte ce seront un certain « style » et la couleur.

Au début des années 30, le peintre belge peignait des créatures monstrueuses. Sa période « plein soleil » voit naître des sirènes aux poses langoureuses empreintées à Renoir.

Nu couché - Renoir - vers 1890-1895
La moisson - Magritte 1943

La force de cette exposition a été de mettre cote à cote les tableaux des deux peintres et ainsi de montrer l’influence de Renoir sur Magritte. Ici ce dernier, a été conquis par l’idée de représenter les baigneuses de Renoir à sa façon. Il a ainsi voulu montrer chaque partie de son corps d’une couleur différente. Et encore ici la petite touche Magritte supplémentaire, avec un arrière plan dans les champs. Le tableau s’intitule d’ailleurs, la moisson.

Renoir, peintre impressionniste majeur du XIXème, a bercé ma vie, mon quotidien. Le parallèle avec Renoir, m’a poussé dans les bras de Magritte. Cette période méconnue de l’artiste nous montre à quel point il s’est inspiré de la lumière de Renoir, et l’a utilisé pour se poser en prophète de lumière pendant et post seconde guerre mondiale.

Ce jeu visuel éblouit par la couleur, renforce l’illusion et la puissance mystérieuse de ses toiles. L’artiste belge s’amuse à reprendre les thèmes de Renoir et les détourne, leur appose une touche amusante, un geste Magritte. 

Lorsque je vous prête ma plume, j’aime vous écrire tous les sens en éveil. J’ai perçu cette exposition comme une explosion visuelle autour d’une conversation tout à fait incongrue entre deux Maîtres de la peinture. J’ai adoré cette expérience. Et vous  évoque le parallèle entre ces deux peintres?

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