Une rose chaque jour, ep 5

Les jours passent et James dépose sa rose tous les jours. Il ne voit toujours pas comment approcher notre belle musicienne. Pour lui la vie continue. Il est invité partout, mène une vie culturelle intense et rencontre beaucoup de monde. 

Ce soir, c’est Carmen de Bizet, qu’il va découvrir au Théâtre Amazonas. C’est le monument le plus symbolique et le plus grand de Manaus. Il dispose de sept cents places. Il a été construit avec des briques importées d’Europe, des verres français et du marbre italien. James est ravi, c’est sa première grande soirée.  Il se prépare, enfile son nouveau smoking, tout en chantant « toreador, toreador ». Au théâtre, Il retrouve son ami Alfonso qui le présente aux diverses personnalités de la ville. Et le babillage mondain commence :

 

Avec papito nous entamions alors un dialogue et nous jouions la scène comme si nous y étions :

 

  •          Comment allez-vous mon cher?
  •           Nous sommes enchantés de faire votre connaissance.
  •           Ravi de vous accueillir parmi nous.
  •           Il faudra venir diner chez nous.
  •           Comment trouvez-vous Manaus et notre petite communauté?
  •           Vous devez certainement connaitre ma cousine,
  •           et blablabla et blablabla et blablabla…

Évidemment tout ce petit jeu n’avait qu’un objectif nous faire éclater de rire avant de continuer l’histoire…

 

 Puis Alfonso, tire James vers un couple que tout le monde semble connaitre et surtout respecter. Celui-ci lui chuchote : « ce sont les Pinto avec leur fille». Alfonso se plante devant eux et fait les présentations : « Señora Pinto, Señor Pinto, permettez-moi de vous présenter notre nouveau consul de Grande-Bretagne à Manaus  James Lipsky ». James n’entend quasiment pas ce que dit Alfonso, car son regard est immédiatement attiré par la jeune fille qui se tient derrière les Pinto. Incroyable c’est elle, c’est sa beauté, sa Reine, la harpiste. Celle à qui, chaque jour il offre une rose. Celle dont la musique vous envoute et vous emporte dans un autre monde. James est hypnotisé. Il n’entend plus rien. Il reste sans voix. Alfonso lui assène un grand coup de coude « James, je te présente la Señora et le Señor Pinto. Excusez-le, tout ce monde autour de nous, il n’a plus l’habitude ».

 

Dans un sursaut de lucidité, James se reprend. Il plaque un grand sourire sur ses lèvres et   salue les Pinto. La Señora Pinto a remarqué la gêne de James. Elle lui présente avec un sourire entendu leur fille Reina. Cette dernière a eu seize ans très récemment et fait ce soir son entrée dans la Société. James est ébloui, il n’arrive pas à détacher ses yeux de la jeune fille. Reina quant à elle baisse les yeux, toute rouge, elle a reconnu son inconnu à la rose !

 

Eléonor Pinto, grande dame remarque l’embarras des jeunes gens et propose à James et Alfonso de venir diner prochainement chez eux afin de faire plus ample connaissance.

 

  •     Et voilà ma petite Véra chérie, comment nos deux jeunes gens ont finalement réussi à faire connaissance. Et maintenant, il faut que tu dormes sinon ta maman ne voudra plus que tu viennes chez nous.
  •       Oh non papito l’histoire n’est pas finie, il n’y a pas encore eu le mariage et la happy end comme dans les contes de fées.
  •          Mais tu sais bien comment cela se termine, il est tard nous finirons demain.
  •          Non papito tu dois me raconter la fin.

Alors avec un grand soupir et un faux air embarrassé, papito reprenait le fil de son histoire :

 

James est tout excité, ce soir il dine chez les Pinto. Il offre une énorme gerbe de fleurs à son hôtesse et une rose à Reina. Le repas est festif, tout le monde chante, frappe des mains. Et pour finir, Reina à la harpe et sa sœur au piano improvisent un petit concert privé. La soirée se finira bien tard et chacun en ressortira heureux du plein de cette joie et de ce bonheur que procurent la musique.

 

James continuera de déposer une rose, sur la terrasse de sa douce tous les jours. Seulement, au lieu de s’enfuir Reina lui permettra de rester. Elle lui offrira un café et quelques-unes de ses plus belles interprétations, pour lui seul.

 

James deviendra un habitué des diners chez les Pinto. Il sera également, autorisé à faire une cour assidue à Reina.

 

  •          C’est à toi Véra maintenant,
  •           Non ensemble papito

Alors avec papito nous reprenions d’une seule voix :

 

Et bientôt James, notre Prince anglais, fera sa demande et épousera notre jolie Princesse Reina : le 18 mars 1907 à Manaus au Brésil. Et bien sûr parce que notre conte a commencé par « il était une fois », il s’achève par « ils furent très heureux et eurent cinq enfants ».


C’est ainsi que se termine un chapitre de la biographie de la famille de Véra.  Je la remercie d’avoir joué le jeu du partage et d’avoir accepté que je vous en publie cette partie de son histoire très romanesque

 

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